Wilfried Knight
Wilfried Knight

[dropcap]P[/dropcap]our la plupart d’entre nous, que l’on soit de près ou de loin dans l’industrie, la nouvelle du passage dans l’au-delà de la vedette Wilfried Knight nous a pris par surprise. La tristesse pouvait se voir dans l’ensemble des messages et des fils de nouvelles. Oui, c’est malheureusement vrai si vous ne l’avez pas encore appris, ce charmant jeune homme d’origine de la Champagne en France s’est suicidé à l’âge de 35 ans.

C’est dans un hôtel de Vancouver, au Canada même, pays où il s’était marié avec son conjoint, Jerry Enriquez, qu’on l’a retrouvé.  Knight aurait suivi dans la mort son compagnon puisque celui-ci, ne trouvant plus d’issue à une situation professionnelle, se serait donné la mort deux semaines auparavant… Le décès malheureux de ce bel homme dans la force de l’âge vient s’ajouter à une longue liste de mortalités qui n’en finit plus. Il y a à peine plus d’un mois on apprenait qu’Arpad Miklos s’était suicidé, également…

Le tragique événement se serait produit le 5 mars dernier. La mort de Wilfried Knight a été annoncée par un ami très proche en la personne de Michael Mew.

Marié au Canada, le couple qui vivait ensemble depuis huit ans, n’était pas reconnu «légalement» à Portland (Oregon) où ils habitaient. Si Jerry Enriquez était un citoyen américain, Wilfrid Knight, lui, était de nationalité française. Sans permis de travail officiel pour Knight, le couple ne pouvait vivre à Portland où il s’était, pourtant, construit un nid douillet avec le temps. Les amoureux et époux décident dont de traverser la frontière. À Vancouver, Enriquez finit par trouver du boulot. Par contre, après un an, il est mis à la porte de l’entreprise. Malgré bien des efforts, Jerry Enriquez passe cinq mois à se chercher un nouvel emploi. Désespéré et sachant qu’il ne pourrait retourner à Portland avec son conjoint, Jerry Enriquez se suicide le 21 février. Ayant perdu la flamme de sa vie, n’entrevoyant pas de solution, Wilfried Knight commet l’irréparable dans l’auberge où lui et Jerry s’étaient promis de vivre ensemble pour le reste de leur vie…

L’industrie perd donc ici un de ses «grands», encore un autre. Mesurant 6 pi. 2 po., pesant presque 200 lbs, barbu, poilu, Wilfried Knight était plus qu’une belle pièce d’homme, il brillait par son charme et sa présence à l’écran. Il avait reçu plusieurs mentions honorifiques de l’industrie, dont un GayVN Awards en 2010, pour meilleur performeur de l’année, et un Grabby Award, pour meilleur performeur «versatile» (polyvalent) de l’année, c’était en 2011. Il était devenu le seul et l’unique exclusif à la fois de Raging Stallion et de Lucas Entertainment alors que ces deux boîtes se regardaient parfois comme chien et chat…

«Le décès de Wilfried est un coup pour notre studio et pour l’industrie. Il n’y avait pas homme plus gentil que lui. Nous perdons tous quelqu’un de très spécial. Je ne peux dire que, d’un point de vue personnel, je suis totalement dévasté. Wilfried était un ami il sera grandement regretté. Nous tous chez Falcon et Raging Stallion espérons qu’il est en paix maintenant. Toutes nos pensées vont vers sa famille et ses proches. Je sais également que son bon ami et réalisateur, Tony Dimarco, est très triste suite à cette perte si tragique», a déclaré le président des studios combinés de Falcon et Raging Stallion, Chris Ward. Pour ces studios, Knight avait tourné dans pas moins d’une dizaine de films, y compris Cowboys, Giants, Tales of the Arabian Nights et Focus/Refocus.

Pour Lucas Entertainment, Wilfried Knight s’est commis dans une vingtaine de productions. «Au début, j’espérait que c’était une farce. J’aimais beaucoup Wilfried. Il y a certaines personnes avec qui un lien étroit se tisse et il était l’une de ces personnes. Nous sommes restés en contact à travers les ans, il avait une personnalité franche, authentique et qui aimait les gens. Nous tous en tant que communauté et en tant qu’industrie perdons quelqu’un de grand», a commenté le directeur à la production chez Lucas, Marc MacNamara. «Comme tant d’autres, je suis atterré par l’annonce que notre bel ami et collègue Wildfried Knight s’est suicidé. En-dessous de son extérieur brut, Wildfried était, comme bien des gars dans l’industrie, un homme sensible et intelligent. Et aussi, comme d’autres, il était dans une lutte perpétuelle pour maintenir son image et sa confiance en soi», a renchéri pour sa part le grand patron de Lucas Entertainment, Michael Lucas.

Une politique discriminatoire
Cette nouvelle cause d’autant plus de chagrin qu’elle – et on le sait bien – aurait pu être évitée si les lois américaines sur le mariage des conjoints de même sexe existaient sur le territoire américain en entier. Jerry Enriquez et Wilfried Knight, deux hommes profondément amoureux l’un de l’autre, seraient encore en vie aujourd’hui, à Portland si l’Oregon reconnaissait le mariage des couples de même sexe!

Dans une entrevue, Michael Lucas dit espérer d’ailleurs «que l’administration du président Obama adoptera une politique d’immigration octroyant aux couples de même sexe de nationalités différentes des permis de résidence de longue durée comme ceux auxquels ont présentement accès les couples hétérosexuels». «Les inégalités légales ont des conséquences réelles et mauvaises sur une base quotidienne [pour les conjoints de même sexe n’ayant pas la même nationalité]. Comme le démontre si bien le cas de Wilfried, on se doit de régler ce dossier au plus vite», a rajouté Michael Lucas.

Si le suicide d’une vedette aimée et adulée telle que Knight a fait mal, très mal même, souhaitons qu’il puisse conscientiser plus encore les autorités de l’Oregon et mener vers une législation légalisant le mariage des conjoints de même sexe… Peut-être qu’un jour, sous peu, la communauté LGBT de l’Oregon et des États-Unis dans son ensemble pourra festoyer et applaudir une telle loi, alors dans ce cas, peut-être que ces deux mortalités n’auront pas été veine… l

Sources : www.queerty.com

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